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Au seuil de ta chambre

Au seuil de ta chambre, immobile, déjà conquis,
Je te regarde, silence d’ambre, offerte en clair-obscur.
Tes courbes, or et noir, ont l’éclat des dunes andalouses,
Mes yeux s’y perdent comme le feu dans le désert de Tabernas.

Mains gantées, tu avances, parfum de jasmin pour vêtement,
La pénombre épouse le cuir et le velours sur ta taille.
Chaque geste promet un vertige sans fin,
Mon souffle se brise sur le marbre des désirs éphémères.

Tu m’offres en secret l’arc tendre et parfait de tes reins,
Croissants de lumière, je suis un aventurier stellaire.
J’effleure ta hanche nue, horizon envoûtant,
Ton corps spirale est un chant d’étoiles millénaires.

Tes épaules ont le grain des statues anciennes,
Ta nuque, long chemin où mes rêves murmurent.
Je suis poète assoiffé de tes formes impudiques,
En prière devant l’ondulation mystérieuse.

Quand tu cambres le jardin secret de tes flancs,
Le monde se redresse devant ton corps luisant.
Je deviens ce marin sans boussole au milieu des tempêtes,
Je dévore les contours de cette carte aux trésors.

Tu sais le pouvoir de tes silences retenus,
Le frisson calculé de tes poses si lentes,
Mes yeux, prisonniers volontaires de tes rivages
S’abreuvent à l’oasis de ta fière allure.

Enfin, tout près de moi, sans un mot, sans détour,
Tu laisses tes courbes achever leurs promesses.
Dans mon cœur ouvert, je sens se lever, tour à tour,
La tendresse interdite, le désir irrévocable et l’infinie caresse.